14 mai 2007
Bad trip.
Il y a des soirées comme ça où rien ne s'est passé de particulier, mais où on se sent mal, mou, inutile. Je voudrais pouvoir m'allonger dans un champ de coquelicots *rêve, rêve*, écouter les yeux fermés Between the bars d'Elliot Smith, Otherside, Zephyr song et Strip my mind des Red Hot, que sais-je d'autre... Parfois c'est trop dur de voir les choses telles qu'elles sont. Surtout une fois qu'on les a acceptées. When it's so white as snow. Je lavais la blouse de travail de ma môman chirie en écoutant ma sélection "time to go to sleep". A s'ouvrir les veines... '-_-
B. a mis la clé sous la porte. Ca me révolte. J'étais sur le point de lui demander si je pouvais mettre un lien de son blog sur le mien et elle met la clé sur la porte. A savoir d'abord que B. écrit de très belles choses. Et bien. Même très bien. A savoir aussi que je commence à me demander quel est le but d'un blog.
On écrit un blog pour se défouler, pour s'exhiber, pour se raconter. C'est un peu de la prostitution. Admettons tout cela. Mais on le fait parce qu'on en a envie, parce que ça soulage, parce qu'on veut jouir de notre liberté d'expression, même si certains ternissent ce droit de façon pitoyable.
Mais, car il y a toujours un mais les soirs de bad trip, après tout, cela ne suffit pas à nous laisser libres. Nous ne sommes pas libres. A cause de ce foutu Contrat Social, ou juste du désir de ne pas être mis en quarantaine par le genre humain qui nous intéresse, on doit faire des concessions.
B. met la clé sur la porte car "Si
je dois, à chaque fois que j'écris par ici, me demander quelles seront
les réactions de toutes les personnes visées directement ou
indirectement par mes articles, ou mieux encore, de toutes les
personnes que je ne connais pas encore et qui pourraient un jour tomber
sur mon blog (mon boss, mon mari, mes enfants pourquoi pas), je préfère
ne plus écrire."
B. est donc victime de ceux qui la lisent, de ceux qui l'entourent, de ceux qui l'inspirent.
Et je comprends cette frustration. Parce que moi-même je suis parfois assez agacée de ne pas pouvoir écrire ce que je veux quand je l'entends. Je suis obligée d'être la diplomate du monde que j'ai créé. Pourtant, le but premier était de pouvoir me défouler sur ce blog, d'écrire sur tout et n'importe qui. Mais je ne peux pas. Parce que c'est comme ça et que je n'aime définitivement plus les complications.
Citons une fille que j'aime bien et qui se fait appeller Diam's.
Tu étais reine et belle et bien debout dans un monde qui crève, poupée
Il y a des choses que la vie n'explique pas il y a des êtres que la mort te prend et ne te rend pas, poupée
Lyon. Gérald, mon cousin, s'est suicidé en se jetant sous le TGV Paris-Bordeaux. On sait pas comment il s'est retrouvé là, il semblait heureux, il était brillant, il avait la vie devant lui. Si quelqu'un l'y a jeté on le saura jamais. Ses parents n'ont même pas pu voir sa dépouille, à cause des risques de "choc".
Chartres. Mauricette était comme un membre de ma famille. Je l'appellais Tata, elle me ramenais parfois de l'école maternelle quand elle venait chercher sa vraie nièce, Bérangère, ma copine. Elle est morte dans un accident de voiture, ma soeur me l'a annoncé comme "passe-moi le sel s'il te plait". Un peu brutalement, moi qui suis sensible, j'ai eu du mal à saisir tout de suite.
Congo-Brazaville. La meilleure amie de mes parents décède. J'ai entendu mon père pleurer pour la seule fois de ma vie.
Chatres. Yakini, un ancien ami d'école. Il était plus vieux que moi, il était drôle, et il dessinait si bien que je le prédestinais à une carrière chez Disney. Il s'est pris un coin de voiture dans les côtes. Même pas un véritable accident. Il est mort d'une hémoragie interne. A 19 ans.
Congo-Brazzaville. Dans des conditions assez louches, dans un pays en guerre, mon grand-père paternel est mort. Je l'ai connu lorsque j'avais 2 ans. Je ne le reverrai jamais. Il ne reverra jamais ses petites filles partie pour "le pays des blancs". Je ne connaitrai jamais une partie de moi et c'est assez dur à accepter. Donc en fait, j'évite d'y penser.
Entre le nord est de l'Afrique et la France. 2006. Tonton Achille décède dans des conditions assez louches il faut le dire. Il avait pas loin de 50 ans.
Paris. 2007. Daniel Cécé décède des suites d'une douloureuse maladie. Il laisse derrière lui une famille, dont une fille que j'aime de tout mon coeur. C'est assez dur, même si je l'ai peu connu. En fait, je l'ai vu une fois dans ma vie. Et coïncidence ou non, M. Cécé était le genre d'homme qui vous laisse un souvenir agréable dans le coeur. Je me souviens du 21 mai 2006. Je me souviens Alex, que tu riais dans les bras de ton père. Et je sais que c'est ce qu'il faut que tu gardes. Les beaux moments, ceux qui font du bien, ceux qui nous rendent vivants ceux que l'on a perdu. Je t'aime, tu l'sais ça ? La SCT fait partie de moi :)
THAT'S NO FAIR !
Devant ceux qui s'en vont, qu'on le soupçonne ou non, je cherche les miracles qu'il me reste. Comme ma tante N qui est sortie du coma après une rupture d'anévrisme. Parfois il y a des nouvelles qui sont moins douloureuses que d'autres. A terme.
Je n'écris pas ce que je veux sur mon blog. J'y découvre l'art du filigrane, de la subtilité. Je m'y fais même malmener. Je change un mot par un autre, un nom devient une lettre, un sentiment se transforme en fruit. Mais je veux continuer d'écrire parce que ça m'aide à tenir. Parce que les choses sont déjà assez dures, sans chercher à en rajouter. Il y a des soirs, comme ce soir, ou je me dis "Mais en fait, je vais mal". (Un point positif : je me dis "je" et non pas "tu", ce qui prouve que ma schizophrénie recule.) Mais étant donné que je suis en plein bad, je ne suis pas objective. Donc au final, peut-être que je vais bien. De toutes les façons je n'ai pas le choix, alors je vais bien devoir aller bien.
D'ailleurs, to give up can be a really good things. Je peux désormais faire le deuil. Je peux m'ouvrir à d'autres offres de la vie (comme respirer sans penser forcément aux conséquences de mon acte). Je peux me soulager. Je peux même pleurer. Et disons-le, quit à paraître névrosée : ça fait du bien !
Je me mets aux enchères, sous réserve de calins, douceur, séchage de larmes, films stupides au cinéma et thé au miel ? Des partants ? (Hey, Jude, don't be afraid
You were made to go out and get her... Pas la chanson chéri, pas l'héroïne non plus, non... Moi ! Heu, me ! Jude...?)
J'crois qu'les histoires d'amour, c'est comme les voyages en train. Et quand j'vois tous ces voyageurs, parfois j'aimerais en être un. [Grand Corps Malade]
Please don't strip my mind, nous chantent les Red Hot. Je viens de faire mon plus beau strip tease. Me voilà nue. Non pas pour vous servir, puisque je vous emmerde, mais signifier à tous que je ne veux plus me laisser grignoter. Même si je continue de sentir des dents que je n'ai pas su contrer avec ma super carapace. La même que Francklin. C'est pas pour rien que c'était mon p'tit nom au lycée.
Your tears don't fall
They crash around me
Her conscience calls the guilty to come home
[Tears don't fall ; Bullet for my Valentine]
Love should be freer, easier... Cooler. I sware.
Life should be freer, easier... Cooler. I sware.
Jude Law should be freer, easier... Cooler. I sware.
En fait j'ai le blues. Je me sens mal quoi... Sans raison particulière, puisque j'ai accepté les faits susceptibles de castrer mon bonheur, s'il en est. ALORS QUOI ?! Je déteste ça. Bullshits.
Un dernier message aux mauvaises langues. Je n'ai jamais cherché à être cohérente dans mes articles. Je suis impétueuse. Je suis impulsive. Je suis énergique. Ca se ressent dans mes écrits. Fouillis, répétitifs, interminables, incohérents, irréfléchis. Mais c'est moi, et ça ne changera pas. Sauf pour mes disserts. Même pas désolée.
G. (phonétiquement DJÎ]